MOBILISATION CONTRE LA FRANCHISE SUR LES SOINS (Octobre 2007)
La mobilisation contre les
franchises s’étend de jour en jour, au point qu’un sondage récent annonce que
70% des Français y seraient opposés.
Nicolas Sarkozy, élu, adopte une posture faussement
compassionnelle pour annoncer que les franchises serviront à mieux prendre en
charge la maladie d’Alzheimer, le cancer et les soins palliatifs. Et pour ce
faire, il annonce la mise en place d’un déremboursement de 0.50 euro sur chaque
boîte de médicament, chaque acte paramédical ( d’infirmier, de
kinésithérapeute) et de 2 euros sur chaque transport sanitaire, à hauteur, dans
un premier temps, de 50 euros. Essayant ainsi de faire oublier ses déclarations
précédentes sur la nécessaire responsabilisation des malades : « Je
suis également partisan de l’introduction dans des conditions équitables…
équitables, j’ose le mot aussi … d’une franchise sur la consommation de soins…
nous parlons d’assurance maladie… Y a-t-il une seule assurance sans
franchise ? Non. La question de la franchise c’est pour moi une question
incontournable. Elle pourrait être forfaitaire et acquittée chaque trimestre
car c’est la seule façon de res-pon-sa-bi-li-ser les patients. Je m’explique:
si les dépenses d’assurance-maladie diminuent et donc le déficit diminue, on
pourra alors, à la suite du débat au parlement, baisser le montant de la
franchise. Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait
alors augmenter le montant de la franchise. ». Ainsi, ce seraient les
malades du cancer, les patients atteints d’Alzheimer dont le Président
s’entoure… qui seraient les premiers touchés par ces franchises. Dans le même
temps, le Président Sarkozy annonce que la dépendance des personnes âgées ( une
des pires conséquences de la maladie d’Alzheimer) : « est le plus
souvent un risque assurable qui peut être couvert en partie par des produits
financiers innovants ».
Le texte de la pétition ( mise en ligne en Avril
2007, avant l’élection) reste inchangé : il n’est pas possible, aujourd’hui,
de modifier un texte qu’ont signé plus de 60.000 personnes. Il manifeste notre
opposition à ce déremboursement masqué qui ne résoudra pas les questions du
financement de l’assurance-maladie mais a pour seul but de convaincre peu à peu
l’ensemble des Français que le système d’assurance maladie solidaire est
financièrement intenable, afin de mieux ouvrir la voie aux assurances privées
qui lorgnent sur cet immense marché.
La Loi de Financement de la Sécurité Sociale
sera discutée au Parlement courant Octobre 2007. La pétition reste d’actualité.
Parlez-en autour de vous. Faites la signer.
Un collectif national regroupant partis politiques,
associations, syndicats, s’est créé pour amplifier le mouvement initié par la
pétition, à l’adresse : www.contre-les-franchises.org.
Deux mots encore au sujet des signatures :
1-Toutes les signatures sont comptabilisées. Nombre
de signataires aimeraient pouvoir retrouver facilement leur nom sur la liste
mais le nombre de signataires rend ceci très difficile.
2-Sur ce site, vous trouverez un modèle de pétition
papier à signer. Il n’existe pas d’adresse postale où envoyer cette liste… pour
une bonne raison. Nous n’avons pas les moyens matériels d’entrer à la main des
milliers de signatures. Nous vous demandons donc d’aller au bout de votre geste
militant et d’intégrer ces signatures à la liste, en notant éventuellement *.*
si vous n’avez pas l’adresse mail du signataire.
Pour les initiateurs de l’Appel contre la Franchise Christian Lehmann et Martin Winckler
NOUVEAU SUR LE SITE
EXPLICATIONS
Franchise sur les soins : la fausse compassion au secours de l’idéologie
Les
Fossoyeurs, comme les Envahisseurs que traquait David Vincent dans la célèbre
série américaine des années 60, viennent d’une autre planète, celle où le
profit est roi. Ces extra-terrestres ont pris forme humaine pour mieux nous
infiltrer et nous soumettre aux lois du marché, au nom du néolibéralisme, de ce
système dans lequel il s’agit de courir toujours plus vite, quitte à laisser
sur le bord du chemin les plus faibles . Enfin ! Ne plus payer pour les
vieux, les malades, les handicapés, tous ceux qui ralentissent la marche en
avant vers des lendemains qui chantent pour l’actionnaire.
Début 2005,
Philippe Douste-Blazy se félicitait de la « réforme de la dernière
chance » qui devait sauver la Sécurité Sociale des affres d’une
privatisation « à l’américaine ». « C’est en changeant tous un peu
qu’on peut tout changer », clamait-il.
Christian
Lehmann a vu les Fossoyeurs. Il les a suivi, a infiltré leurs lieux de pouvoir,
décrypté leurs messages : ce sont eux qui nous expliquent que le déficit
de la Sécurité Sociale est lié au laxisme généralisé de patients abuseurs et de
médecins complices. Eux qui inlassablement désignent des fraudeurs et des
parasites aux aides sociales, pour amener la population à désespérer du système
solidaire. Eux qui cherchent à responsabiliser par l’argent les plus démunis.
Le cauchemar a déjà commencé. Ce sont nos vies qui sont en jeu.
En quelques années à peine, ils ont profondément
modifié le paysage sanitaire français, installant dans la population l’idée que
la santé était un commerce comme un autre, que le système de Sécurité Sociale
était obsolète et financièrement intenable. Ils ont appliqué, en ville, à
l’hôpital, en dépit du bon sens, les dogmes de leur secte, laminant les
expériences de sortie du paiement à l’acte, cautionnant et généralisant les
dépassements tarifaires, introduisant à l’hôpital le tri des patients selon la
rentabilité, modifiant le fonctionnement de la Sécu pour y appliquer des
objectifs financiers masqués sous prétexte de maîtrise médicalisée.
Drôle et
acide, ce récit alimenté par l’expérience d’un généraliste très au fait de son
sujet, nous alerte sur cette menace qui avance masquée. Les Fossoyeurs,
où l’on croise tous les acteurs et témoins du monde de la santé ( sans compter
quelques économistes médiatiques et autres politiques aux dents longues), nous
fait revivre deux ans d’enquête et de combat dans les méandres d’un système
hermétique. Dans ce système, le patient fait figure de dernière roue du
carrosse.
Christian
Lehmann déshabille les rouages d’un système prêt à nous broyer et dénonce tous
les petits mensonges qui nous mettent, discrètement, en péril. Surtout, il
pose, en plein débat électoral, la question clairement : « Au nom du profit,
la santé publique est-elle soluble dans le néolibéralisme ? »
Christian Lehmann est médecin
généraliste depuis plus de 20 ans, et écrivain. Il est notamment l’auteur du
best-seller No Pasaran Le jeu, de la Folie Kennaway (Rivages
Noir), Une éducation anglaise (L'Olivier) et Patients si vous saviez
(Robert Laffont). Révolté par la convention médicale et le lobby des labos, il
lance en 2004 le Manifeste contre la réforme de la Sécurité Sociale, qui
recueille plus de 30 000 signatures.
Prix Public : 18 euros
Le mythe du "trou de la Sécu"
Le mythe du "trou de la Sécu"
Julien Duval
A en croire les médias et les débats politiques, la Sécurité
sociale serait menacée de faillite par un déficit abyssal. Pour faire face à
l'augmentation des dépenses et au vieillissement de la population, notre système
de protection sociale, créé en 1945 pour donner "la garantie à chaque
homme qu'en toutes circonstances il pourra assurer sa subsistance et celle de
personnes à sa charge", serait condamné à se "réformer" sans
cesse: déremboursements, réduction des prestations, hausse des cotisations,
voire privatisation. Chercheur au CNRS, Julien Duval renverse les termes du
problème: il n'y a pas de "déficit de la Sécu" mais "un besoin
de financement" que les gouvernements successifs ont décidé de ne pas
satisfaire en multipliant depuis 1993 les exonérations de charges sociales. En
effet, l'affaiblissement de la protection sociale découle non pas d'arbitrages
techniques mais d'un choix politique: le transfert généralisé des "
risques" du capital vers le travail.